
Yo Les Parents Skateurs ! J’ai remarqué que beaucoup d’entre nous se sont (re)mis à skater au moment où le confinement est entré en vigueur. Très certainement par nécessité pour notre bien-être mental de ne plus rester isolé en appart’, tentant désespérément d’occuper des enfants devenus démoniaques face à l’ennui 😂
Plus sérieusement, ç’a été une aubaine pour nous, parents, de pouvoir démarrer ou reprendre le skate, tout en partageant du bon temps avec nos enfants. En temps normal, on est bien d’accord que notre planning ne nous le permet pas vraiment 😉
Pour ma part, ça n’était pas véritablement l’idée de départ. Je n’ai repris qu’en début d’année, alors que les confinements ont commencé à se succéder un an auparavant. L’élément déclencheur a plutôt été l’aboutissement d’un long cheminement personnel.
Vous pouvez d’ailleurs en retrouver les grandes lignes dans ces articles:
https://lesparentsskateurs.com/se-re-lancer-dans-le-skate-a-la-quarantaine/
https://lesparentsskateurs.com/mes-enfants-feront-du-skate-un-point-cest-tout/
J’ai eu 39 ans en septembre dernier, je (re) skate depuis maintenant 6-7 mois, pas encore aussi souvent que je le souhaiterais. Mais j’arrive encore à apprendre de nouveaux tricks et je parviens à briser quelques obstacles mentaux/physiques pour tenter de revenir dans le « Game »… A mon rythme bien sûr !
Quelque soit votre niveau, plus vous skatez, plus vous apprenez. Elémentaire, mon cher Watson, vous me direz ! Mais plus vous en apprenez, plus cela devient amusant. Et, plus c’est amusant, plus vous voulez en faire ! Bref, le cercle vertueux du skate et la recette du bonheur exponentiel. Mais comment déclencher le feu sacré à nos âges de raison et surtout… le garder allumé ?
Voici (sans ordre particulier) mes 10 commandements du Parent Skateur, qui me guident au quotidien dans mon plaisir et ma progression.
1) Ne prenez rien pour acquis.
J’ai eu une grosse prise de conscience : le skate est temporaire – un sursis quotidien dans notre courte existence.
J’aimerais affirmer qu’il existe une formule infaillible pour skater indéfiniment sans blessure ou douleur. Cependant, il n’y en a pas. Chaque session est un coup de poker. Tout peut se terminer à tout moment. Beaucoup d’entre nous sont déjà trop abimés physiquement à cet âge là pour en faire. Donc, chaque fois que nous skatons, dites vous que cela relève presque d’un miracle. Soyez toujours humble et reconnaissant. N’ayez aucune attente et faites-le pour ceux qui ne le peuvent pas; il n’y a aucune garantie que vous puissiez le refaire demain.
2) Restez local et repartez de zéro .
Terrible à bien des égards, le confinement m’a pourtant permis d’aborder certains changements positifs dans ma pratique. Cela m’a forcé à changer les modèles que je m’étais créés, ancrés depuis des décennies. Force est de constater que beaucoup d’entre eux m’empêchaient de progresser. Lorsque je me suis enfin motivé à rider seul, j’ai pu enfin les briser et tout réapprendre.
Au lieu de conduire pendant des heures vers tous les spots « chanmé » de France et de Navarre, comme je le faisais à l’époque, j’ai commencé par la force des choses à skater dans mon quartier et ma commune.
Abstraction faite de l’économie non négligeable de carburant, le premier bénéfice immédiat a été de développer comme jamais ma créativité ! En tenant compte de mes aptitudes du moment, il est étonnant de se rendre compte qu’un spot, aussi « futile » qu’un parking de superette, offre un beau terrain de jeu aux possibilités insoupçonnées… Encore faut-il ouvrir ses shakras !
Deuxième bénéfice, j’ai donc redécouvert ces lieux pourtant bien familiers sous un angle nouveau !
Le troisième bénéfice induit par les 2 précédents, je prenais enfin plaisir à balader mon fils dans le quartier et le parking vide du coin ! Fort de mon nouveau pouvoir créatif, je débordais d’idées pour nous occuper et ce foutu parking ne nous paraissait plus vraiment si vide d’intérêt que ça ! Et en plus, nous passions un agréable moment en famille. What else ?
3) Concentrez-vous sur le fait de rouler.
Avant toute chose, le skate, c’est rouler. Si vous n’êtes pas à l’aise pour rouler, vous ne le serez jamais pour faire des tricks. A chaque session maintenant, c’est l’une des choses essentielles sur laquelle je me concentre : rouler. Trouvez votre ligne et tracez là.
Les Tricks sont comme de jolies fleurs qui poussent dans la terre que vous vous êtes chargé de garder fertile. Rouler avec aisance et style prendra soin de votre jardin, et les tricks apparaitront naturellement 😉
PS: J’avais #silenceçapousse en fond sonore… ça a dû influencer mon instant botanique… #nicolaslejardinier 🌱😎😅
L’important est de trouver votre équilibre, et pour se faire, ne pas hésiter à travailler les manuals en flat ou les kickturns sur des modules de plus en plus raides. Pensez fluidité !
Voilà une vidéo de l’association Les Salles Gosses du Père Skateur qui vous aidera à parfaire votre équilibre 👍
4) S’échauffer looooonguement !
De toute évidence, l’une de nos principales préoccupations est l’entretien physique. Le skate est dangereux. Même si l’on ride sans trop d’impact ou de chute, l’usure des articulations est plus ou moins inévitable. Cependant, avec un bon entretien, une grande partie de ces dommages peut être atténuée.
D’une manière générale, une bonne hygiène de vie comportant un peu de sport régulièrement sera déjà un très bon début ! Si nos trains de vie tumultueux ne nous permettent pas forcément de skater tous les jours, n’attendez pas les jours de session pour vous bouger la couenne ! Il est par exemple assez facile de caser quelques pompes ou exercices de gainage pour entretenir nos bonnes vieilles carcasses 😁
Au début d’une session, ce qui compte vraiment à mon sens, c’est de suivre une progression lente au cours de l’échauffement. Ne précipitez rien et surtout, écoutez votre corps ! Créez votre propre routine d’échauffement que vous pouvez maintenir. De cette manière, vous sentirez naturellement quand vous serez capable de passer à une étape plus engagée. Mais par pitié, n’attaquez pas le gap de 8 marches d’entrée de jeu ! On n’a plus 20 ans, et c’est le meilleur moyen de tutoyer le premier commandement…
Buvez beaucoup d’eau, faites des pauses. Le skate est notre plus bel instrument mais sans un pilote vif et alerte à bord, il n’est plus grand chose… et peut s’avérer dangereux !
5) Faites-le pour vous-même, n’ayez pas peur de skater seul.
De loin, le plus grand changement qui m’a aidé a été d’aller skater seul. Même ado, ce n’était pas quelque chose que je faisais naturellement. J’adore l’aspect social du skateboard, mais finalement, ce qui m’en a vraiment fait tomber amoureux plus jeune, c’était cette trilogie romantique entre moi, mon skate et mon imagination !
Pour stimuler sa créativité, skater seul est donc un bon exercice. La concentration est à son maximum, et vous êtes entièrement « focus » sur vos mouvements, à l’écoute de votre corps. L’inconvénient, c’est qu’en cas de chute lourde, il ne vous restera plus qu’à ramper jusqu’à votre téléphone pour appeler les secours 😅
Prenez donc des précautions, évitez de prendre trop de risque !
6) Se filmer aide à bien des égards.

J’ai remarqué que me filmer influençait positivement ma motivation et m’aidait dans l’engagement, comme si la présence de la caméra me galvanisait. Le confinement était l’excuse parfaite pour devenir mon propre caméraman. Remater ses « footages », c’est comme si vous voyagiez dans le plan astral – en observateur de vous-même ! Vous vous regardez essayer ce trick incroyable encore et encore jusqu’à ce que vous le replaquiez « 8 vis »😎. Et même si vous ne l’aviez pas replaquer, votre vidéo est riche d’enseignement pour vous corriger !
Quand j’ai commencé le skate en 96, le seul moyen d’apprendre était les quelques vidéos VHS pro dont nous attendions leur sortie durant des mois , ou les conseils entre potes. Nous n’avions pas d’école de skate comme aujourd’hui, où non seulement on peut facilement prendre des cours de skate, mais aussi les réseaux sociaux débordent quotidiennement de vidéos.
Contrairement à mes débuts, se filmer coûte que dalle. Du coup, avec un simple smartphone, on peut facilement comparer l’exécution de nos tricks à celle des pros, et donc instantanément se corriger au mieux.
7) Soyez prêt à avoir l’air ridicule.
Dans un de mes précédents articles, je relatais l’idée que la pression sociale pouvait constituer un frein dans la pratique du skate à nos âges. Comme une tendance irrépressible à vouloir mettre les gens dans des « cases », la société qui nous formate nous fait bien penser qu’on s’est peut-être trompé de case. Dès lors, le sentiment d’être ridicule peut être ressenti.
Entre deux confinements, j’ai commencé à élargir mon périmètre de spots. La plupart des skateurs présents sur les park sont nés bien après que j’ai commencé à en faire. Je suis probablement aussi âgé, voire plus, que beaucoup de leurs parents.
La plupart d’entre nous ne skatera le spot que dimanche matin aux aurores… peut-être pour se (r)assurer que personne ne les voit évoluer dans cette « mauvaise » case (J’ai aussi été dans ce cas…)
Bref… victime d’une calvitie avérée, doté d’une barbe grisonnante et portant parfois un pantalon un peu plus large que la plupart de mes congénères, est-ce que j’ai l’air ridicule au milieu de ces kids ? Probablement.
Mais bonne nouvelle, à 99% du temps, se sentir ridicule n’est rien d’autre qu’une de ses propres barrières mentales, et non une réalité établie. Vous en doutez ? Questionnez les kids ou leurs parents présents et vous serez très certainement surpris par leurs réponses 😉
8) Offrez-vous du matériel de qualité.

Le vieil adage raconte que « l’habit ne fait pas le moine ». Néanmoins, comme tout sport, il y a certain équipement dont il ne faut pas faire l’impasse. Alors certes, un matériel de qualité a un coût et bien souvent, à l’adolescence, notre pouvoir d’achat se résume à ce que peuvent nous offrir nos parents. Parfois, les sapes et/ou matos de skate sont loin d’être leur top priorité…
Mais nous avons la chance d’être parent skateur, et a priori de disposer d’un pouvoir d’achat plus conséquent qu’à notre jeunesse. Il ne s’agit pas de s’équiper avec toutes les dernières fringues, shoes ou boards à la mode, comme on l’aurait sûrement fait plus jeune, mais plutôt de choisir méticuleusement son matos pour pouvoir pratiquer plus facilement, plus longtemps et sans trop de dommage corporel.
A mon sens, donner de l’importance dans le choix de sa board, ses chaussures et ses protections est essentiel. Trouver la bonne configuration peut prendre du temps, et il est nécessaire de tester un maximum de matos. Mais en ayant cette attention particulière dans le processus d’achat, on se rapproche du but ultime 😊
Une board et/ou des composants mal adaptés bloquent sérieusement votre progression. Le confort du pied est également essentiel, les chaussures que vous portez atténueront ou provoqueront des douleurs chroniques aux pieds. Pour ma part, la partie vestimentaire n’est que secondaire. Ce n’est pas parce que vous porterez un T-shirt Zero que vous grinderez des rails méga rad à la Jamie Thomas ! Cependant, j’accorde au moins un point de vigilance dans le confort de mon pantalon, afin de me sentir le plus libre possible dans mes mouvements.
Ceci étant dit, on peut également faire le choix de soutenir financièrement certaines marques qui véhiculent des valeurs qui vous correspondent, auxquelles vous adhérez. C’est ce qu’on appelle en marketing la fameuse image de marque 😊
Pour être dans les meilleures prédispositions physiques et mentales quand je skate, je dois porter le bon équipement et rider quelque chose en quoi je crois. Il est difficile d’aimer le skateboard quand on déteste sa configuration ou ses chaussures. Choisis donc sagement.
9) Il y aura du sang.
Même si vous suivez tous les meilleurs conseils, que vous ayez le meilleur équipement et le meilleur karma de la planète, vous tomberez toujours, parfois brutalement. Parfois, ces slams seront suffisamment méchants pour que vous vous demandiez pourquoi vous avez décidé de remonter sur votre jouet en bois. Parce que même si tu ne peux pas marcher, tu devras quand même aller chercher les enfants à l’école. Comme le disait un certain Danny Way, « Tu dois payer pour jouer. » Personne n’a dit que ce serait facile.
10) Attention : A tout âge, le skateboard est très addictif.
Apprendre de nouveaux tricks et continuer de progresser, c’est comme la célèbre marque de boisson énergisante… ça donne des ailes ! A nos âges, les effets s’en retrouvent décuplés et la prise de confiance maximale ! Les effets secondaires peuvent inclure un bonheur désinvolte, des illusions de grandeur, une perte de poids extrême, une incapacité à quitter le spot, une zen attitude et des tonnes d’amis pour la vie.
Veuillez cesser l’utilisation si l’un des symptômes suivants apparaît :
▶ L’ennui (Cherches de nouveaux spots. Ca peut être aussi excitant que de nouveaux tricks)
▶ La colère (Claquer votre planche par terre ou contre un poteau, c’est déjà stupide… alors imagine à notre âge 😎)
▶ L’arrêt cardiaque.
Sinon, roulez jusqu’à ce que les roues vous en tombent.
Et vous, est-ce que ces 10 commandements vous parlent ? Quels sont les vôtres ?