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Hello les Parents Skateurs ! L’heure est venu pour moi de dresser un premier bilan de ma session de reprise, après au moins 15 ans à ne pas avoir eu de véritable session (Rouler ne compte pas 😎)

Il n’est vraiment pas simple de voir la réalité en face. Pour le coup, cette session m’a remis les pendules à l’heure; Les années passent, et laissent vraiment des traces !

Reprenons depuis le début… Il est dimanche, je me lève à 7h, motivé comme jamais à l’idée d’attaquer une vraie session, celle où tu transpires bien, celle où tu laisses ta créativité s’exprimer, celle où tu ne lâches rien… Bref, habité par la fougue de mes 20 ans.
Plusieurs raisons à m’infliger une absence de grasse matinée, qui, entre nous , m’aurait certainement fait le plus grand bien, après une semaine pro bien charnue:

  • A cette heure-ci, c’est la garantie de partir seul, sans femme et enfant, sans que la vie de famille n’en pâtisse. Avec le fiston au milieu, c’est sympa mais je passe la majeure partie du temps à scruter qu’il ne se boite pas par terre, plutôt que de me concentrer sur ce que je fais (Oui, il y a déjà eu des tentatives de reprise avortées 😒)
  • Profiter de la fraicheur matinale. Il commence à faire bien chaud ces temps-ci, mon p’tit cœur devenu fragile ne va pas supporter les premières chaleurs 😅
  • La « pression sociale« : A 7h30 – 8h un dimanche matin, je suis quasi sûr de ne croiser que la mamie du coin promenant son cleps… Pas grand monde à l’horizon, et c’est tant mieux. Pas envie de recevoir une leçon de vie par des ados au level bien high qui se demanderaient ce que « Papi » fait là. Encore moins les jugements des éventuels parents qui, eux, se demanderaient si ma crise d’ado ne serait pas tardive… Bref, de la pensée limitante à foison !

Il est 8h, j’arrive sur le spot et déjà un premier constat déroutant : là où, durant le trajet, j’avais une foi de démon, celle ci s’est bizarrement envolé au moment où je suis remonté sur ma board, logiquement prêt à envoyer du bois comme à l’époque. Une sensation de fatigue et une flemme de malade me saisit aussitôt… OK, ce n’est pas de suite que je vais défoncer le spot et un petit échauffement s’impose pour étirer mes articulations grippées. My godness, je n’aurais jamais imaginé que ça m’arriverait un jour..

Quelques squats et jumping jack plus tard, je commence à rouler gentiment dans le park à la recherche de 2-3 sensations perdues.
OK, j’arrive encore à dropper le quarter d’1m50 sans trop d’appréhension, à rouler dessus et repartir en fakie; A ce moment là, j’ai un peu d’espoir. Chose curieuse, je n’ose faire aucun kick turn en haut de courbe, back ou front… j’ai l’impression d’avoir l’équilibre d’un nouveau né, c’est frustant ! Et le Rock to fakie, le sacro-saint trick de base en courbe… je suis terrifié à l’idée de bloquer mon truck à la descente, la loose.
En même temps, la courbe n’a jamais été mon fort, mais quand même… la base quoi ! Ce n’est pas sensé être comme le vélo ?! ça y est, je sens arriver la dure réalité qu’est la vie prendre de l’élan pour me claquer la tronche.

Je m’accroche et décide de me retrancher vers ce que je maitrisais jadis.
D’abord le plan incliné; OK, je tente des tricks sans conviction. En fait, je ne sais plus si c’est le manque de conviction ou mon corps qui m’a lâché. Je n’ai plus de jus, je me sens raide quand je me baisse, les articulations qui tirent comme jamais, et du coup je perds l’équilibre sur le pop. La board tourne à peu prêt comme je veux, mais mon corps reste loin…très loiiiiin… troooop loin… La technique semble là, mais la condition physique, elle, paraît perdue à tout jamais 😭
Pour la gloire, je tente quelques tricks en nollie, alors que 5 mn plus tôt, j’échouais lamentablement sur plusieurs tentatives de kickflip to fakie 🤔 Le syndrome du skateur frustré dans toute sa splendeur… Je reviendrais sur cette notion dans un prochain post.
Je sens que, par tous les moyens, j’essaie de me rassurer que tout n’est pas perdu ! Et ma foi, j’ai bien fait car en moins de 10 essais, je pose nollie flip to fakie ! Allez comprendre… je pêche sur les bases mais je me sens à peu prêt à l’aise en nollie, y compris en plan incliné. Aucune logique et sentiments mitigés; Joie de cette réussite inattendue et immense déception d’avoir zapper la base !

Mes jambes me font mal, ça tire de partout mais je tiens le coup ! Je me surprend à vouloir sortir un nollie 3-6 flip sur le plan incliné, vraiment too much… Encore ce satané syndrome du skateur et mon ego rêvant reprendre le dessus. Bref ça ne sera pas pour aujourd’hui. Cela dit, je sens bien le nollie varial flip, jeune foufou que je suis 🥳. Punaise, je finis par le poser sur les vis ! Mais mon équilibre digne d’un clubber à l’aube a raison de moi et je n’arrive pas à redescendre proprement. Ce n’est pas la réussite parfaite mais je suis choqué de l’avoir presque plaqué !

Je décide tout de même de bousculer mon ego déjà malmené en me recentrant sur les bases et les fondamentaux en flat. Allez, ma p’tite série de ollie pour voir ce que ça donne… J’en aurais pleuré tellement je me sentais instable sur le pop ou les replaques, tellement j’avais mal aux jambes ! Zéro amplitude, zéro style… la dépression me guette…
Monter la table à wheeling de 20 cm me fait flipper. La flat bar à côté, même combat. Les pseudos tentatives de rockslide se seront soldées par d’incessants aller-retours le long de celle ci, paralysé par la peur de me faire une cheville. Je sens les larmes poindre…

Technique, es tu encore là ? Comme une bouteille à la mer, je tente quelques tricks sur place; 3-6 flip, OK mais j’en bave tellement… flip front ? ah ça y est, pas 1ère boîte depuis 15 ans !
OK pas si grave, je m’en remets et du coup, je dédramatise un peu la chute, fallait bien que ça arrive tôt ou tard !
Et je finis par le coller, le bougre !
Je reprends de l’assurance pour claquer mes tricks en roulant… pas un… vous entendez ? Pas un trick de posé !! Je ne compte bien évidemment pas ce 180 Front tout moche, replaqué les pieds en vrac, où j’ai manqué de refaire un bisou au bitume..

Me voilà consterné, les muscles endoloris et crevé comme jamais, après 30 mn de skate… J’ai honte, et je me dit qu’heureusement il est tôt. Il est temps pour moi de rentrer pleurer devant un bon film…

Pour résumer, histoire de remuer le couteau dans la plaie, mais avant tout trouver des axes de progression et amélioration:

Le « Mindset »

  • La pression sociale et la peur du jugements des kids comme des parents. Fondée ou pas ? Pour m’en affranchir, je vais aller à la rencontre des gens, ados comme parents. Recueillir ce qu’ils pensent vraiment de la catégorie « + de 30 ans » qui se (re)mettent au skate pourrait faire l’objet d’un prochain post assez intéressant, à mon sens.
  • La peur de tomber ! Malgré mes quelques années de pratique derrière moi, je ne pensais pas qu’elle serait aussi présente ! Je me suis senti paralysé pour des tricks en somme basiques, mais paradoxalement, je suis allé assez serein sur des tricks un peu plus engagés, avec l’impression qu’ils étaient resté en « mémoire »… A mon sens, il y a vraiment un sujet à développer sur la « mémoire du corps », la « visualisation » et le lien avec l’état d’esprit dans lequel on peut se mettre. Une progression par étape devrait permettre d’inhiber cette peur.

Le physique

  • La fatigue est arrivé vite, trop vite. Je manque cruellement d’endurance. Checker un petit programme cardio devrait m’aider à détartrer la machine.
  • J’ai senti que les cuisses et la ceinture abdominale ne tenaient plus route, et ont été les principaux responsables de mes pertes d’équilibre. Un programme de renforcement musculaire sera donc nécessaire si je souhaite éviter de me blesser prématurément.
  • Le manque flagrant de souplesse, mouvements et amplitudes limités ! Même sur un trick bien « visualisé », ça peut créer des blocages. Stretching et/ou Yoga en perspective 🤸‍♂️

La technique

  • Finalement, c’est le point qui m’a le plus rassuré ! Bien que j’incarne à l’heure actuelle le Jean-Michel Apeupré du Skateboard, retrouver une bonne condition physique et travailler mon état d’esprit me paraissent essentiels pour la laisser s’exprimer et débloquer énormément de choses !

Maintenant que ce bilan est dressé, il est temps de me mettre au travail pour la mise en place de mes outils de progression !

Et toi, quelles sont tes principales difficultés et les éventuelles pistes d’amélioration de ta progression ?

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